|
Les débuts de la portée musicale
Les neumes étaient d'abord notés "a campo aperto" ce qui veut littéralement dire "en champ ouvert", sans support de ligne. L'introduction d'une ligne horizontale comme guide se fait de manière progressive dès le Xème siècle, la ligne servant de repère en étant associée à une hauteur précise: le son correspondant à notre note fa, par exemple. Cette ligne était d'abord tracée de manière très discrète, à la pointe sèche, puis plus visible, avec une encre de couleur, généralement jaune ou rouge pour le fa. Les neumes s'organisaient autour de cette ligne.
Comme l'on recherchait de plus en plus de précision, l'étape suivant fut de tracer une deuxième ligne, d'une autre couleur, correspondant à la note do. Nous remarquons ainsi que les deux premières hauteurs écrites sont le fa et le do, soit les notes suivant les demi-tons de notre gamme majeure habituelle!
La dernière ligne à être tracée en référence à une auteur absolue fut la ligne de sol (tracée avec de l'encre noire). La clé la plus utilisée de nos jours est donc la dernière venue parmi les clés!
Le nombre de lignes de la portée va varier entre un et douze dans le siècle suivant, puis va se stabiliser à quatre jusqu'à la Renaissance. Par la suite, la portée sera fixée à cinq lignes, telle que nous la connaissons encore aujourd'hui. Le chant grégorien cependant demeure noté sur quatre lignes, tandis que les instruments de percussion sans hauteur de son se notent sur une seule ligne.

Fragment conservé à l'Abbaye de Solesmes, comportant une portée
de 3 lignes autour desquelles gravitent les neumes:
- une ligne rouge pour la note fa (on remarque un F à gauche)
- une ligne verte correspondant à la hauteur la (mais sans clé);
- des traces d'une ligne jaune, effacée avec le temps, correspondant
à la hauteur do (on remarque à gauche le C pour do).
|